Arrivée à 8h15, on m'installe en salle de pré travail. On pose le monitoring et on me vérifie l'état du col: pas de contraction de travail et col fermé, bouclé à double tour ! On me pose alors le gel intra utérin pour faire mûrir le col à 9h. Les contractions commencent, j'arrive à les gérer jusqu'à 14h avec la respiration. En début d'après midi on me repose un gel car j'ai perdu l'autre bandelette aux toilettes :/

Les contractions s'intensifient, elles deviennent de plus en plus longues, elles s'enchaînent sans répit. Je n'ai pas le temps de reprendre mes forces entre chacunes d'elles. Je ne supporte plus la position allongée, je ne peux plus marcher ni parler, je suis dans un état second... Hadrien et ma mère sont présents et s'efforcent sans relâche de me soulager: vaporisateur d'eau, boisson, massages, encouragements. Leur aide me donne de la force. La sage-femme en poste est très compréhensive, elle me rassure, me conseille.

A 16h le col est toujours fermé. On ne peut donc toujours pas me poser la péridurale. Puis à 19h, je n'en peux plus, je suis à bout de force et je sens que je ne peux plus supporter la douleur. On me ré examine, le col n'a pas bougé, le bébé n'est pas descendu. À 20h, la poche des eaux se rompt; elle est teintée de méconium (premières selles du bébé). On m'installe alors en salle d'accouchement. Les contractions sont d'une violences atroces, je suis sous l'effet des endorphines, je me recroqueville sur moi-même et ne pense qu'à l'arrivée de mon bébé. On me pose la péridurale... 5 minutes après je suis soulagée. J'arrive à retrouver le sourire, à me détendre à me reposer. On me place alors la perfusion pour accélérer les contractions. Je les ressens très bien mais ne souffre pas. Que du bonheur !

À 22h, on me réexamine. Col ouvert à 2, bébé toujours haut. On augmente le débit de la perfusion au fur et à mesure ainsi que la péridurale. Puis à minuit passé, je ne ressens plus l'effet de la péridurale, les douleurs reviennent et je souffre des reins. Je le signale à la sage-femme qui ne me prends pas au sérieux et me dis en gros que mes douleurs sont psychologiques........

Nouvel examen par la gyneco: col ouvert à 2 et demi et bébé toujours pas descendu. On décide alors de m'installer au bloc pour la césarienne. L'anesthésiste arrive et je lui fais part de mes douleurs. Il injecte quelques drogues en vain, la sage-femme est là et lui dit que je fais du cinéma ! Heureusement, l'anesthésiste m'ausculte, et m'explique que du fait de ma scoliose, et d'une probable inflammation de la colonne, le produit n'a pu se diffuser complètement. Il décide alors de me faire une rachi anesthésie. Lors du geste, je reçois une violente décharge électrique dans la jambe droite. Puis le produit fait son effet... je m'apaise. Le lendemain on m'enverra voir un neurologue, j'ai bel et bien une radiculalgie (une inflammation de la racine du nerf) ce qui me fait encore aujourd'hui souffrir malgré le traitement anti douleur.

On fait rentrer Hadrien, il s'installe à côté de moi. Je me concentre alors sur le peu de choses que je ressens, sur ce que j'entends. Et à 1h17, j'entends " ouhhh qu'il est gros ce bébé, ah oui !! il est beau ". Puis un cri... celui de mon fils ! On l'aspire brièvement puis on le présente à son papa et à moi. Je l'embrasse et on l'amène à la nurserie pour les premiers soins. Pendant qu'on me referme le bidon, Hadrien suit Dorian pour les premiers soins. Je retrouve mes hommes en salle de réveil. Dorian va bien mais il doit rester un peu en couveuse car il était un peu cyanosé.

On sort Dorian de son cocon, on me le pose sur le ventre, il est beau comme un Dieu !! Et je réalise alors que je suis maman. Hadrien et moi sommes très émus.